La fresque du Saint Calice
La fresque du Saint Calice
De l'origine maçonnique éventuelle 2ème partie
Une création des Philadelphes ?
Cette page constituait avant novembre 2009 une note de bas de page rédigée en janvier 2009 et placée au bas de ce qui représente aujourd'hui la première des deux pages sur l'origine maçonnique. Elle met en évidence une origine possible de la fresque du Saint Calice de l'église Saint Saturnin de Palairac et fait appel à une maçonnerie un peu différente de la maçonnerie traditionnelle.

Véritable entrepreneur s'entourant des compétences nécessaires, Joseph-Gaspard Pailhoux de Cascastel (1726-1808?), seigneur de Cascastel, s'est allié à partir de 1782 avec Jean Antoine Chaptal, le célèbre chimiste, pour l'exploitation des mines dans divers villages allant de Cascastel à Padern, dont Palairac.
Le seigneur de Cascastel aurait appartenu à la loge des Philadelphes de Narbonne (1), fondée par le Vicomte François-Anne de Chefdebien d'Armissan et créateur du "Rite Primitif de Narbonne" en 1779 avec son fils François-Marie. Joseph-Gaspard de Cascastel maria sa fille Jacquette en 1780 avec Luc-Siméon Dagobert de Fontenille, alors capitaine, qui devint ensuite le Général Dagobert, bien connu dans les Pyrénées Orientales.
Chaptal fut quant à lui initié dans la loge Montpellieraine "La Parfaite Union" avant 1789 (1782?) et eu une longue vie dédiée à la science, l'industrie et la politique.
Dagobert de Fontenille semble avoir aussi été affilié à des loges militaires et aurait fondé, avec ses frères, la loge "les trois Frères Unis" (2), dépendante du Grand Orient.
Les années 1779-1780 avaient vu la création et la présence de plusieurs loges à Narbonne : les Philadelphes, l'Amitié à l'Epreuve, la Parfaite Union, ...
La vie de Joseph-Gaspard Pailhoux de Cascastel fut marquée par des initiatives et des échecs en matière de mines.
Après une quinzaine d'années comme exploitant d'une mine de fer proche de chez lui, il entreprend, en 1779, avec accord et paiement annuel à l'abbaye de Lagrasse, la création d'une forge au Grau de Padern (gorges du Verdouble) pour traiter le fer et d'autres métaux. Il s'allie avec Louis Pelletier, négociant, et Jean Pierre François Duhamel, commissaire du Roi pour les Mines. Il a même prévu un an plus tôt l'extraction de la houille des mines de Ségure (Tuchan-Quintillan) pour alimenter sa forge en combustible. Duhamel se charge de faire connaître à Joseph-Gaspard, et sa fille, son cousin Luc-Siméon Dagobert, commandant d'un régiment. Le mariage de Dagobert avec Jacquette Pailhoux se fait en 1780 et, dans la foulée, le seigneur de Cascastel associe à son entreprise son beau-fils qui rachète les parts de Duhamel fin 1780. Louis Pelletier avait quant à lui déjà cédé ses parts, fin 1779, à ses deux associés.
En mai 1781, Pailhoux obtient une concession trentenaire dans différents territoires dont Palairac, Maisons, Quintillan, etc pour l'exploitation du cuivre, plomb, fer et autres métaux. Ce serait Duhamel qui lui aurait fait découvrir, entre autres, les mines d'antimoine de Maisons, Palairac et Quintillan.
Duhamel s'étant dirigé en 1781 vers d'autres horizons, en 1782, Joseph-Gaspard rencontre Jean Antoine Chaptal à Montpellier. Chaptal lui parle certainement des vertus de l'antimoine, spécialement en matière médicale. Ils s'associent et commencent l'exploitation des mines de ce "métal" à Quintillan (Feugerolles) et Maisons (Las Corbas et Sainte Marie). Ils font aussi quelques extractions à la Bousole (Palairac), située à 300 m de la mine de Sainte Marie, mais Joseph-Gaspard reste discret sur son intervention dans cette mine. Rappelons que le village de Palairac se trouve exactement entre Maisons et Quintillan. Il traite l'antimoine à la Bousole et au château de Cascastel. Chaptal se charge de vendre le minerai. Simultanément le seigneur de Cascastel abandonne la forge de Padern et ses concessions de fer qu'il vend à Dagobert. Dagobert ne pouvant s'en occuper loue la forge au fils ainé de Joseph-Gaspard, Joseph-Melchior. Dagobert essaye de la vendre en 1787, mais sans succès. Il meurt pendant sa brillante carrière militaire en avril 1794. Jacquette et son fils Henry héritent de la forge mais ne peuvent non plus correctement s'en occuper et la mettent en fermage. La forge finit par être vendue en 1813.
Après la mort de Joseph-Gaspard en 1808, son fils Martial exploite les mines de Maisons et surtout Quintillan (plus facile à travailler et proche de Cascastel) jusqu'au terme de la concession avec pas mal de périodes d'inactivité et des rivalités pour la possession de Las Corbas avec d'autres entrepreneurs.

Le Général Dagobert (1736-1794), effigie visible à Mont-Louis.
Ci-dessous la tombe, réalisée en 1825, qu'il partage avec le général Dugommier au cimetière St Martin de Perpignan...
Joseph-Gaspard Pailhoux de Cascastel semble avoir été un étrange personnage. Dans son rapport de l'an VIII pour la commission d'économie du district de Lagrasse, il ne cite pas les travaux miniers qu'il a fait sur Palairac. On sait pourtant par d'autres, notamment le sieur Couret dans sa demande de concession en 1810, qu'il a essayé d'exploiter la Bousole mais sans trop de "professionnalisme".
Il se pourrait que cette mine ait cependant revêtu quelqu'importance pour Joseph-Gaspard puisque la colline, située sur Maisons, aujourd'hui appelée La Saquette, qui aboutit sur Palairac à la mine de la Bousole, dans la description de la concession en 1859, s'appellait La Jacquette. Joseph-Gaspard s'est-il arrangé pour que le nom de ce tènement soit celui de sa chère fille ?
Il semble avoir voulu posséder, sans y travailler, la mine de La Canal (sur Palairac, à 300 m de la Bousole, que Pailhoux décrit dans son mémoire mais sans dire qu'elle se trouve sur Palairac) : le sieur Dubosc, exploitant plusieurs mines des Corbières et du Razès pour alimenter sa forge de Salvezines, s'est plaint de la perte de Lacanal dans laquelle il avait entrepris de sérieux travaux, au profit du "citoyen Cascastel qui réclamait alors cette mine (et) ne s'en est jamais occupé que pour en empêcher le travail dans cette circonstance"...
Plus tard, certains accusèrent le fils de Joseph-Gaspard de ne pas s'occuper correctement de l'exploitation minière, souvent il est vrai pour s'approprier certaines de ses concessions.

Détail d'une salle du château de Cascastel :
la salle des gypseries
Le Rite (ou Rit) Primitif des Philadelphes comportait un nombre incalculable de "grades" répartis en plusieurs classes, chapitres et degrés. Le dernier chapitre concernait les grades de "Fraternité Rose+Croix de Grand Rosaire".
Certains Franc-maçons conventionnels contestent la validité de tous ces grades et considèrent leur fondateur, le Marquis de Chefdebien, comme un charlatan et un illuminé. D'autres considèrent au contraire les Philadelphes comme des mystiques.
Le Marquis d'Armissan François-Marie de Chefdebien (1753-1814), chevalier de Malte, participa au Convent de Lyon, en 1778, en tant que représentant de la Septimanie pour le RER et au Convent de Wilhelmsbad en 1782 comme représentant de la 3ème province de la Stricte Observance Templière... Il collabora activement avec Savalette de Langes au sein des Philalèthes (12ème et dernière classe du rite de la loge des Amis Réunis) (3) à l'observation et l'archivage d'un grand nombre de sociétés maçonniques ou autres, et à la constitution d'une vaste bibliothèque, instrument de leur recherche de la "Vérité Unique" et de l'origine réelle du monde maçonnique. Cela mena les Philalèthes à deux convents inachevés. La hiérarchie de grades des Philadelphes correspondait en réalité à l'accès, selon le niveau, à divers documents de leur loge et à ceux de cette bibliothèque des Philalèthes. En quête d'une sagesse immémoriale, le Marquis de Chefdebien fut donc un touche-à-tout du monde maçonnique et "ésotérique" de son temps.
Le rite de Memphis-Misraïm se réclame pour partie des Philadelphes de Narbonne par la présence supposée parmi eux de Gabriel-Mathieu Marconis de Nègre (4), père de Jean-Etienne le fondateur du rite de Memphis en 1838. Le Rite Primitif de Narbonne ne vécut que par la volonté de François-Marie de Chefdebien. En 1806, le Rite fut agrégé au Grand Orient et disparut peu de temps après. Toutefois, en 1815, à Montauban, il y eut une tentative de restauration du Rite par Samuel Honis, prétendument initié à celui-ci en Egypte dans une loge créée en 1798 par des officiers de l'armée de Napoléon. Le Grand-Maître de cette loge de Montauban "Les Disciples de Memphis" fut Gabriel Mathieu Marconis de Negre.
Les derniers grades du Rite Primitif s'occupaient en finalité de disciplines dites ésotériques. On peut considérer l'Alchimie dans cette catégorie, ce qui n'est pas tout-à-fait vrai. Bref, les membres du Rite Primitif de Narbonne devaient très certainement y toucher (comme les Philalèthes ou encore les "Philosophes Inconnus"). On serait dès lors tenté de faire quelques rapprochements, très hypothétiques, entre l'église de Palairac, sa fresque, son mobilier et l'exploitation des mines par un éventuel Philadelphe...
Différents personnages de la seconde moitié du XVIIIème subirent des influences mutuelles qui se retrouvent dans leur système purement philosophique et spéculatif : Martinez de Pasqually, Louis-Claude de Saint Martin, Jean-Baptiste Villermoz. Martinez de Pasqually fut le créateur des Elus Coëns de l'Univers dont les deux autres devinrent détenteurs du grade le plus élevé de Réau-Croix. Villermoz établit le rituel du Rite Ecossais Rectifié et Saint-Martin fut à l'origine de ce qui allait devenir le Martinisme. Papus, le fondateur du Martinisme tel que nous le connaissons, revendiquait une filiation, controversée, directe de Saint-Martin par Chaptal (5). Ce dernier pourrait avoir rencontrer Saint-Martin. Jacob Böhme influenca fortement Saint-Martin, plutôt sur la fin de sa vie au moment où celui-ci prit ses distances par rapport à la franc-maçonnerie. S'inspirant peut-être directement de la philosophie de Jacob Böhme pour une réalisation au XVIIème, la fresque de Palairac aurait-elle eu aussi comme vecteur, outre les Philadelphes, eux-mêmes influencés, un de ces trois courants ou un mélange de ceux-ci, principalement la philosophie de Saint-Martin, via Chaptal, si sa date de réalisation se situait plutôt fin XVIIIème ?
Autrement dit, Chaptal, éventuel disciple indirect de Böhme, chimiste rationnel, mais aussi alchimiste pour certains (6), pourrait-il être lui-même à l'origine de la fresque ?

Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803)
Depuis la diffusion des écrits de Basile Valentin, au début du XVIIème siècle, des écrits d'Eyrenée Philalèthe ou d'autres, beaucoup d'alchimistes ont pris comme matière sujet "l'antimoine", nom usuel de la stibine ou sulfure d'antimoine, ou encore le Kermès minéral ou oxysulfure d'antimoine.
Sous l'impulsion de Chaptal, certes maître de la nouvelle chimie, mais qui marqua de fait aussi dans sa vie un certain respect pour l'ancienne chimie, notamment sa nomenclature malgré sa volonté de la réformer, il est étonnant que Joseph-Gaspard Pailhoux de Cascastel se soit lancé dans l'exploitation quasiment exclusive de ce demi-métal.
C'était surtout l'antimoine cru (stibine débarrassée de sa gangue) qui était commercialisé. Mais les mines fournissaient, outre de la stibine, du fer et l'environnement local les fondants necessaires pour l'opération d'extraction du régule d'antimoine martial (antimoine "métal").
Pailhoux dans les mines d'antimoine avec son four de fusion à la Bousole ? Tout cela a-t-il servi de "couverture" ?
Alors est-il possible que ... Palairac, les mines, la décoration, la fresque, Chaptal ou les Philadelphes (7) ?
Pas sûr. Outre cette fin du XVIIIème (rappelons que la fresque date probablement du XVIIème, tout au moins l'enduit qui lui sert de support selon un avis de spécialiste) et les incertitudes historiques, la voie du loup gris qui mange tout ce qui n'est pas pur (la stibine était un moyen de purification de l'or autrefois) est une voie sèche, ou plutôt au creuset, bien éloignée, en apparence, de celle qui peut être représentée dans la décoration de l'église...

Jean Antoine Chaptal (1756-1832)
Toutefois, certaines constatations réalisées lors de l'enlèvement pour restauration du Retable de Saint Roch pourraient laisser penser que la fresque du Saint Calice et l'agencement de la chapelle Saint Roch auraient pu être réalisés, ou complétés, à la fin du XVIIIème siècle, mais sans aucune certitude...
(1) Source : Roger-René Dagobert, Histoire d'une famille et d'une chanson. D'où la tiennait-il ? Le tableau de la première loge du Rite Primitif, établi en 1790, ne contient pas le nom de Pailhoux.
(7) En complément d'une partie d'archives de la famille Pailhoux disponible aux Archives Départementales de l'Aude et du fonds de Chefdebien aux Archives Municipales de Narbonne, il existerait d'autres archives de cette dernière famille, considérées comme perdues. Selon Roger-René Dagobert, celles-ci ont malheureusement été volées au domicile du Docteur Paul Courrent, à Embres et Castelmaure, juste après sa mort le 18 février 1952 ( extraits d'un courrier adressé à Alain ...) :
"En effet dans un procès-verbal du bulletin de la Commission Archéologique de Narbonne, tome XVI, année 1943, on peut lire : Séance du lundi 16 décembre 1940, le Secrétaire donne lecture d'une note relative aux archives de Chefdebien, données à la commission par les héritiers de Marie-Louise de Chefdebien, décédée à Narbonne en Mai 1939. Notre éminent correspondant a pu examiner une partie de ces archives seigneuriales (dont celles des Pailhoux et des Dagobert). En signale l'extrême richesse et attire l'attention sur l'importance à confier à un archiviste spécialisé l'étude et le classement complet de ce fonds renfermant des manuscrits particulièrement rares et précieux.
Dans un autre n° de ce même bulletin, on peut lire : Séance du 3 février 1954, le Secrétaire signale que la famille de Chefdebien a fait réclamer les archives familiales de la succession de Marie-Louise décédée à Narbonne en Mai 1939. Embarras de la commission, puisque les précieux documents ont disparus peu après le décès du docteur Courrent auquel ils avaient été confiés..."
Après avoir déjà constaté la retouche de la première citation, une vérification de la seconde citation s'est faite en mai 2010. Il semblerait que ce vol soit un mythe et une pure invention de Roger-René Dagobert : cliquer ici pour voir la page spécifique qui lui est consacrée.
Toutes les archives de Chefdebien sont donc disponibles (sur demande à la famille) aux Archives municipales de Narbonne.
(2) Toujours selon Roger René Dagobert. Apparue en 1775, cette loge militaire fut créée par des gardes du corps et des militaires proches du Roi. Les Dagobert en faisaient-ils partie comme l'affirme sans preuve Roger René Dagobert ?
(4) Le tableau de la première loge du Rite Primitif ne contient pas non plus son nom.
(6) Il l'aurait bien caché dans ce cas. Toutefois, dans ses Eléments de chimie (1790), après avoir condamné les chimères de l'Alchimie et ses erreurs, Chaptal s'exprime ainsi : "Mais, en convenant que les Alchimistes ont suspendu les progrès de la chimie, nous sommes bien éloignés d'outrager la mémoire de ces philosophes, et nous leur accordons le tribut d'estime qu'ils méritent à tant de titres : la pureté de leur sentiments, la simplicité de leurs moeurs, leur soumission à la Providence, leur amour pour le Créateur pénètrent de vénération tous ceux qui lisent leurs ouvrages ; les vues profondes du génie sont partout dans leurs écrits à côté des idées les plus extravagantes, les vérités les plus sublimes y sont dégradées par les applications les plus ridicules ; et ce contraste étonnant de superstition et de philosophie, de lumière et d'obscurité, nous force de les admirer lors même que nous ne pouvons pas nous dispenser de les plaindre. Il ne faut pas confondre la secte des Alchimistes, dont nous parlons en ce moment, avec cette foule d'imposteurs et cet amas sordide de souffleurs, qui cherchent des dupes et nourissent l'ambition de certains imbéciles par l'espoir trompeur d'augmenter leurs richesses ; cette dernière classe d'hommes vils et ignorants n'a jamais été reconnues par les vrais Alchimistes ..."
Il écrit d'ailleurs toujours Alchimie ou Alchimiste avec un A majuscule et chimie et chimiste avec un c minuscule ...
A cette époque, la formation de l'esprit scientifique rationnel, auquel participat activement Chaptal, laissait de moins en moins de place aux croyances anciennes mêlant matière et esprit. Et pourtant certains n'hésitaient pas à le faire, parfois sans le cacher publiquement. Il en est ainsi par exemple de l'abbé Rozier, célèbre botaniste, de l'Hérault aussi, qui ne cachait pas, au prix d'être mal considéré, d'être un fervent Elu Coën. Chaptal travaillat étroitement avec Rozier pour élaborer ensuite son "Traité théorique et pratique sur la culture de la vigne..." qui publiait après la mort du botaniste plusieurs de ses textes.
(5) Si Chaptal et Saint Martin, vivant à la même époque, ont pu se rencontrer (mais il n'y en a aucune preuve), la filiation revendiquée par Papus (Gérard Encausse) est bien des plus douteuses. Papus (in "Martinésisme, Willermosisme, Martinisme et Franc-maçonnerie", Chamuel, 1899) affirmait avoir reçu un "dépôt" ("deux lettres et divers points") de la part de l'occultiste Henri Delaage (1825-1882) juste avant la mort de ce dernier. Le docteur Encausse prétendait que Delaage avait reçu ce dépôt de son grand-père Jean-Antoine Chaptal qui l'avait reçu de Saint Martin. A l'appui de ses dires il présenta une lettre de Camille Flammarion confirmant qu'Henri Delaage, qu'il avait côtoyé, lui avait parlé souvent "de son grand-père le ministre Chaptal, et de Saint Martin (le philosophe inconnu), que son grand-père connaissait particulièrement". La plupart des exégètes du Martinisme actuel "contestent" cette filiation en disant que Delaage n'avait que 7 ans à la mort de Chaptal et sinon d'être improbable il existerait un "chaînon manquant" dans la filiation entre Chaptal et Delaage. Une notice nécrologique de 1882 (Gazette Anecdotique, Septième année, Tome II) affirme aussi que Henri Delaage était le petit fils de Chaptal par sa mère.
Or, rien ne paraît plus faux ! Il semble bien que personne n'ait jamais soulevé l'incohérence qui va suivre.
Chaptal eut trois enfants qui survécurent : Jean Baptiste, Victoire et Virgine. C'est cette dernière qui épousa un membre de la Famille de Laage de Bellefaye, Clément Marie Joseph. De cette union naquirent deux filles et un fils, Clément Léon, né en 1819 et mort en 1890, qui fut Directeur des Douanes à Rouen et décoré de la Légion d'Honneur.
Henri Delaage (1825-1882) ne serait donc pas le petit-fils de Chaptal. Serait-ce, par contre, un autre membre de la famille de Laage de Bellefaye sans aucun rapport avec la famille Chaptal ? Si Henri Delaage se faisait passer pour le petit-fils de Chaptal, pourquoi le vrai, Clément Léon, ne s'en est-il jamais plaint ?
Alors, rêvons...
Il existe une église de la région, peut-être parmi d'autres non visitées pour l'instant, qui a exactement la même disposition qu'à Palairac : une seule chapelle au Nord, dédiée à Saint Roch, avec du mobilier en marbre blanc (XIXème ?) et une seule chapelle au Sud dédiée à la Vierge, avec également du mobilier en marbre blanc. Elle se trouve à Armissan ...
Comme le montre ce vitrail de leur ancienne chapelle familiale sise au cimetière de Bizanet, il est à noter que la famille de Chefdebien voue, depuis toujours, un culte particulier à Saint Roch et une tradition très ancienne dans cette famille le considère comme un aïeul.
Pourrait-on envisager un transfert de mobilier ancien d'Armissan à Palairac ? ...
Mais, bien sûr, ceci n'est qu'une pure hypothèse qui ne repose sur aucune preuve ... et en réalité peu probable.


(3) Les Philalèthes étaient au nombre de 20 et possèdaient un laboratoire alchimique contigü à la loge. Différents personnages connus en firent partie, comme Antoine Court de Gébelin qui publia entre 1773 et 1782 un ouvrage remarqué en 9 volumes :"Le Monde primitif analysé et comparé avec le monde moderne considéré dans son génie allégorique et dans les allégories auxquelles conduisit ce génie". Il s'attacha ainsi notamment dans cet ouvrage à essayer de retrouver la "langue primitive" de laquelle serait issues toutes les langues de la Terre. Un autre Philalèthe, le peintre Touzay Duchanteau, se livra dans ce laboratoire alchimique parisien a une expérience absurde qui lui coûta la vie : prendre pour unique aliment sa propre urine... Savalette de Langes fut un personnage ambigü et certaines de ses méthodes, l'initiation par "contact" par exemple, principalement avec des jeunes filles (http://hautsgrades.over-blog.com/article-21514743.html), n'auraient pas été vues d'un très bon oeil de nos jours...