La fresque du Saint Calice
La fresque du Saint Calice
De l'origine maçonnique éventuelle - première partie
Les Grand-Frères de la Rose-Croix ?
Il fallait bien un jour aborder ce sujet. La plupart des visiteurs pensent souvent en voyant la peinture au Saint Calice à une oeuvre de Francs-maçons. Un jour, une personne, qui passait dans le village par hasard, fut très étonnée qu'une peinture comme celle-là soit dans une église. En lui donnant l'explication du contenu de la fresque, il pris sa tête en main, assis sur un banc, en disant : "il devait y avoir des opératifs ici...". Il demanda gentiment pour avoir une copie de la photo agrandie qui se trouve dans l'église, pour "la montrer à ses amis, près de Paris, qui n'en reviendront pas...". Pourquoi, pour beaucoup, franc-maçon ou pas, la peinture paraît-elle d'inspiration maçonnique ? L'argument le plus souvent avancé est "l'oeil dans le triangle". Pourtant cette représentation n'est pas rare dans les églises et a eu, et a toujours, avant tout, une signification religieuse. Un autre argument est le Temple avec les colonnes "J et B". La plupart des tabernacles eucharistiques, conservant le ciboire avec les osties consacrées, dans toutes les églises, depuis plusieurs siècles, ont cette forme de temple. Alors ...
N'y a-t-il donc rien qui soit en rapport avec la Franc-maçonnerie ?
La lecture de la page sur une
interprétation religieuse de la fresque est recommandée avant de poursuivre la lecture de celle-ci.
La création officielle de la Franc-maçonnerie conventionnelle remonte à 1717 de l'autre côté de la Manche avec la réunion de plusieurs loges pour constituer la première Grande Loge d'Angleterre. En 1723 apparaissent les constitutions d'Anderson. Deux ans plus tard les premières loges françaises font leur apparition. Bien sûr ces dates concernent la création de la franc-maçonnerie moderne, dite spéculative. Précédemment existaient des loges de maçons opératifs, qui, petit-à-petit, ont accepté en leur sein des non opératifs (les "acceptés"). Historiquement, même si les loges existaient avant, le premier procès-verbal de tenue date de 1599. La première mention de la présence d'un accepté date de 1634.
Si la datation de la peinture de Palairac est correcte (fin XVIIème - début XVIIIème), son appartion est antérieure, voir contemporaine à l'apparition des premières loges "modernes". La réflexion du visiteur "il devait y avoir des opératifs ici" est tout-à-fait correcte puisque la Franc-maçonnerie telle que nous la connaissons n'était pas encore structurée.
Cette structuration faite au XVIIIème de la Franc-maçonnerie n'est pas sortie de rien et a repris des symboles, des rites, ... qui ont précédé son avênement, pas tous issus de la maçonnerie opérative.
Une notion importante divise la Franc-maçonnerie en deux composantes : la Régularité. Il y a les loges, maçons, ... irréguliers et réguliers.

Les loges régulières ont été reconnues par la Grande Loge Unifiée d'Angleterre. En simplifiant, le caractère régulier est décerné lorsque l'obédience demande comme préalable le principe de la croyance en Dieu. C'est le cas pour les loges françaises sous obédience de la Grande Loge Nationale Française. Le Grand Orient est une obédience irrégulière puisqu'elle a rayé de sa constitution la notion de "Grand Architecte de l'Univers" (dès 1877). Il est à noter que les loges irrégulières sont beaucoup plus importantes en nombre et en taille, en France, que les loges régulières.
Comme l'Eglise a ses liturgies, la Franc-maçonnerie a ses Rites. Dans tous les Rites existent les grades bleus : apprenti, compagnon, maître. Certains Rites ont un nombre plus ou moins élevé de "Hauts Grades". La maçonnerie régulière française pratique notamment aujourd'hui trois Rites (qu'on peut retrouver dans d'autres obédience pour certains) : Rite Ecossais Rectifié (trois hauts grades), Rite Emulation (1 haut grade) et Rite Ecossais Ancien et Accepté (30 hauts grades). Le principal Rite du Grand Orient est le Rite Français. Certains Rites sont fortement chrétien, comme le Rite Ecossais Rectifié (RER). Le Rite Emulation (RE) est le principal Rite de la maçonnerie régulière, notamment en Angleterre. Nous nous interesserons particulièrement au Rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA) et au RER.
L'origine officielle du REAA remonte à 1801 à Charleston. Mais bien sûr il était pratiqué avant mais de manière moins structurée. Reconnu universellement, il se distingue par deux caractères essentiels :
- l'Hermétisme,
- les Hauts Grades.
L'initiation maçonnique passe par les trois grades "hiérarchiques" issus de la maçonnerie opérative : apprenti, compagnon, maître. Le phénomène des Hauts Grades doit être considéré plutôt comme "honorifique" ou "sélectif". Les francs-maçons ne s'accordent pas tous sur leur pertinence et leur validité...
L'Hermétisme est la "doctrine" de l'Alchimie. Il est temps d'en dire quelques mots.

L'Alchimie est riche d'une iconographie et d'une littérature remontant à l'Antiquité. Elle est trop souvent confondue avec l'histoire de la chimie. Si des alchimistes ont jeté les bases de la chimie, l'Alchimie n'est pas pour autant la mère de la chimie. Les principes de l'Hermétisme énoncés par Hermes Trismégiste sont d'une portée générale, unitaire aussi bien dans le domaine de la matière que de l'esprit. Tout est dans tout. Tout est dans Un et Un donne Tout. La nature holoscopique de la Création est l'âme de la théorie alchimique. L'analogique entre deux systèmes (grand - petit, matériel - spirituel, ...) permet d'appréhender tous les recoins de ce qu'on voit ou ne voit pas. L'Alchimie a pour but le "Perfectionnement". Elle repose sur le principe de structuration du Vivant, véritable Néguentropie. Elle n'a jamais été une vulgaire technique pour fabriquer une poudre magique dans le but principal de transformer le plomb en or ou de gagner ici-bas la vie éternelle. Ses détracteurs de tous bords, francs-maçons compris, qui se basent sur cette vision, ont parfaitement raison de la condamner. Toutefois il ne faudrait pas, à contrario, la voir comme un système purement philosophique, la réduire à une "alchimie spirituelle", comme beaucoup le font aussi, souvent francs-maçons. Vue sous cet angle, elle cadre bien avec la notion d'initiation qui est la leur et le caractère purement spéculatif de leur démarche.
La quête de vérité ou de progression de l'alchimiste repose sur l'observation, le respect et l'utilisation de la Nature sous ses aspects matériel et spirituel. La Franc-maçonnerie semble avoir beaucoup perdu en devenant spéculative. Sans rien enlever à la sincérité de la démarche philosophique du franc-maçon actuel, la Franc-maçonnerie, à la recherche de repères lors de sa structuration, s'est appropriée le côté spéculatif de l'hermétisme sans, semble-t-il, en comprendre la vocation unitaire. Le REAA est rempli d'allusions alchimiques : des symboles hermétiques remplissent le cabinet de réflexion, le grade de Rose-croix repose sur les vertus théologales, le symbole INRI est révélé, etc. Le sens chrétien de certains symboles est tout de même encore conservé par certains francs-maçons. Mais le sens alchimique opératif, indissociable du spirituel, semble pour tous complètement perdu*. Notons que l'Alchimie et la religion chrétienne (catholique mais pas forcément romaine) sont très proches et respectent le principe d'analogie. Bien plus, l'une ne va pas sans l'autre. C'est la raison pour laquelle l'Alchimie se sert souvent des symboles Chrétiens à ses propres fins (opératives). On pourrait dire que le côté philosophique de l'Alchimie, en Occident, repose sur la religion catholique.
L'initiation alchimique est très longue et c'est le laboratoire qui scelle le franchissement à l'étape suivante. Nous sommes loin des initiations courtes et intellectuelles d'une bonne partie de la Franc-maçonnerie. Par rapport à l'Alchimie, une grave erreur est par conséquent d'écarter le côté opératif de la quête.
Il est son but. Il est là pour servir de contrôle et participe à la progression.
Melchior Cibinens dans Symbola Aureae de M. Maier 1617
L'ancienne Maçonnerie, celle des bâtisseurs de Cathédrales, joignait, par contre, le travail de la matière à la démarche philosophique.
Dans les anciens rituels, le sens de la Parole Perdue INRI est une étape importante de l'initiation au 18ème grade, de Chevalier Rose-Croix, du REAA. Les voyages symboliques entre les trois colonnes amènent aussi le récipiendaire du grade à y lire le nom des trois vertus théologales. Pour les obédiences de ce type, la signification chrétienne d'INRI est révélée et aussi la signification hermétique Igne Natura Renovatur Integra dans un registre purement philosophique. Le sens alchimique opératif lié au symbole du cercle avec la croix est véritablement perdu... Par rapport au sens chrétien d'INRI et des vertus théologales, pourquoi la Franc-maçonnerie fait-elle tant de mystères et de rituels pour énoncer dans ce haut grade des notions que tous les chrétiens sont sensés connaître ? Pourquoi ne pas révéler que la mise en application des vertus théologales, en relation avec INRI, génère la réussite physique des manipulations alchimiques opératives, selon l'aveu de ceux qui veulent bien en parler ? Mais en admettant uniquement une démarche spéculative, comment tenir ce discours ...
(Le sens de la Parole Perdue peut être différent selon les rituels et les grades moins chrétiens : le mot du maître non dérobé par les mauvais compagnons lors du meurtre d'Hiram ne peut être qu'épelé : YHVH, sa prononciation, sa parole, est perdue depuis la destruction du Temple.)
Pour ce grade est aussi célébrée la cène avec un plateau d'argent muni de pain et un vase d'argent, ou de cristal, rempli de vin. La cérémonie se termine par ces paroles : "souvenons-nous que nous devons propager sur la terre toutes les vertus qui naissent de la foi et de la charité".
Voici une liste de symboles qui se retrouvent d'une manière générale en Franc-maçonnerie :
-Le Temple de Salomon : c'est un symbole maçonnique présent à tous les grades. Les colonnes Jakin et Boaz (J et B) sont rouge et blanche en maçonnerie (Alec Mellor). Telle leur conception voulue par Salomon, elles sont extérieures au Temple.
-Le VSL : le Volume de la Sainte Loi, la Bible pour les loges régulières françaises. C'est une des trois Grandes Lumières. Les autres sont l'Equerre et le Compas.

L'interprétation religieuse de la fresque du Saint Calice de Palairac, se suffisant à elle-même, révèle une composition symbolique donnant l'Homme, Temple de Dieu. Le Temple représenté serait l'Homme, création de Dieu et animé par lui (oeil dans triangle du Temple). Les colonnes noires et blanches sont les choix de vie de l'Homme qui oscillent entre Bien et Mal. La pratique des vertus théologales (croix : Foi, ancre : Espérance, calice : Charité), associée au respect de l'Ancienne Alliance (Tables de la Loi) et de la Nouvelle (Saint Calice), permet de vaincre le Mal sous toutes ses formes (colonne noire : mal au quotidien, serpent : péché originel) et de retrouver l'état édenique que l'Homme possédait avant la Chute (Rédemption universelle et promesse d'une vie éternelle : toutefois ce serait une voie intérieure qui nous est proposée, apparemment pour atteindre une "réintégration" dès maintenant). Cette quête de Chevalier (croix épée, vertus), éventuellement associée au conte du Graal (Saint Calice), constitue le but et la voie de Son passage sur terre. Le Rite Ecossais Rectifié est basé sur cette vision chrétienne.
Aucune donnée historique n'a pour le moment été trouvée d'une activité maçonnique réelle à Palairac** (surtout dans les rites écossais). Malgré des correspondances avec la symbolique du Grade Chevalier Rose-Croix, ou avec le RER, dire que la fresque de Palairac est une représentation franc-maçonne ne serait pas judicieux :
- les vertus théologales, le calice de la cène, la Sainte Bible (Tables), l'idéal chevaleresque associée à une quête, le Temple de Salomon avec l'Oeil, etc., présents dans la fresque, sont des symboles religieux récupérés par la Franc-maçonnerie et non des symboles propres à celle-ci (comme le fil à plomb ou le compas) ;
- en termes philosophiques, cela n'apporterait aucune signification supplémentaire par rapport à l'interprétation religieuse ;
- puisqu'un côté alchimique semble exister dans la peinture, autant s'adresser directement à l'Alchimie elle-même pour le dégager. D'autres symboles répartis dans l'église confirment cette symbolique alchimique. Des détails opératifs très précis se retrouvent sur la fresque et dans le reste de l'église, donnant aux symboles une double signification, propre à l'Alchimie, philosophique et opérative ;
- enfin, la date possible de réalisation de la fresque, ne milite pas en faveur d'une création par des francs-maçons.

Reconnaissons toutefois que la question peut se poser et qu'il est certes bien difficile de dire qui a conçu la peinture, nourrie d'influences diverses, religieuses ou moins "conventionnelles". Si la fresque était plus récente, fin XVIIIème par exemple, la réponse affirmative à la question deviendrait plus plausible. Les tentures avec voilage garnies de branches d'acacia, peintes dans l'abside, bleues liserées de rouge, peut-être du XVIIIème, iraient aussi dans ce sens. Mais le côté opératif alchimique fort (les matières sont désignées, les proportions, les opérations) s'en trouverait plus énigmatique, la franc-maçonnerie conventionnelle se définissant elle-même purement spéculative... A moins qu'il ne s'agisse d'une loge ou un "groupe" antérieur à la formation de cette maçonnerie moderne et/ou orienté vers des travaux "hermétiques", en relation avec le long passé minier du village... En effet, il est possible de faire appel à une maçonnerie moins "classique" que celle prise en compte dans cette présentation (Voir seconde partie).
Estampe de Ph. Le Bas XVIIIème - Réception d'un Maître
Il est à noter que le retable de Saint Roch sous-jascent, comporte une allusion à la Rose-Croix, par les rosiers grimpants sur les colonnes corinthiennes et la statue de Saint Roch faisant le "geste de l'Initié". La Rose inscrite dans la Croix d'ogives de la chapelle Sud complète le tableau. Par contre cette représentation est beaucoup plus ancienne (XIIIème). Une marque d'opératifs ? Oui, mais de quel type ? ...
Toutefois, l'
interprétation alchimique est la seule à donner, outre une autre signification, opérative, aux symboles religieux, l'explication de certains symboles ne rentrant pas dans ce cadre religieux, complétée en partie par ceci : le Temple de Salomon représente le Grand Oeuvre. Les colonnes noires et blanches marquent les deux oeuvres au Noir et au Blanc qui débutent celui-ci (ils sont à l'entrée). L'oeuvre au rouge et les multiplications en marquent la fin. L'oeuvre est subordonné au souffle divin qui ne s'acquière que par la pratique des vertus théologales, seul feu capable d'opérer la construction du Saint des Saints. Il est tout-à-fait surprenant que l'opération de Multiplication de la Pierre symbolisée par la fresque (cf interprétation alchimique) soit très souvent représentée en Alchimie par le Pélican s'ouvrant le flanc pour nourrir ses petits et que ce même symbole, additionné de INRI, soit propre au grade de Chevalier Rose-Croix du REAA (voir la gravure ci-dessus) ...
On peut voir aussi dans la fresque une allusion à la parole perdue sur plusieurs niveaux : la nature humaine, notamment, est régénérée entièrement par le souffle divin, expiré par Jésus sur la Croix (interprétation religieuse, philosophique), le feu secret régénère totalement les matières du Grand Oeuvre (de la séparation initiale aux multiplications, interprétation alchimique, opérative); Jésus de Nazareth Roi des Juifs (le calice de la rédemption eucharistique avec son sang=Jésus de Nazareth, placé au Tabernacle dans le Temple de Salomon, signe de la royauté temporelle=Roi des Juifs)
***. Cela expliquerait pourquoi le symbole du Calice apparaît dans le Temple de Salomon, ce que la Bible ne mentionne jamais, sans faire appel aux visions d'Anne Catherine Emmerich.
Un livre récent, bien fait, écrit par un maçon du Grand Orient (Claude Delbos, Aux sources de la Rose-Croix, Detrad aVs Editions), réhabilite l'apport alchimique et des Rose-Croix dans le grade de Chevalier Rose-Croix. Il est dommage que les conclusions se ramènent à un humanisme sans Foi niant l'Alchimie opérative**** tel que le prône le Grand Orient. De plus, les Frères de la Rosée Cuite (définition donnée par Thomas de Corneille in "Dictionnaire des Arts et des Sciences") n'ont jamais été une confrérie réelle avec hiérarchie telle la Franc-maçonnerie. Leur existence sous cette forme est une pure invention, comme tout le récit des Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz, à prendre comme un livre d'Alchimie codé comme tel. Le lecteur lira avec profit l'avertissement sur les Rose-Croix et les sociétés s'en réclamant, de Fulcanelli, dans ses Demeures Philosophales, au chapitre traitant du symbole X de la Lumière (qu'on retrouve dans la fresque de Palairac par le croisement de l'ancre et de la croix) à propos de Louis d'Estissac.
Cette même définition de Frères de la Rosée Cuite se retrouve dans "L'étoile flamboyante ou La Société des Francs-maçons" de Louis, Théodore-Henri, Baron de Tschoudy, paru en 1766. Voici l'extrait se rapportant à ce sujet, situé tout à la fin du catéchisme pour le grade d'adepte, qui montre que le Baron Tschoudy, Franc-maçon convaincu, connaissait la signification exacte de la Parole Perdue, marque de son attachement à l'Alchimie opérative, et qui résume assez bien l'esprit de cette page sur la Franc-maçonnerie :
"Pour mon goût personnel, j'aimerais assez que la chose des Maçons fût effectivement la découverte du grand oeuvre : j'y trouve de grandes probabilités, & il est constant qu'en anatomisant plusieurs de ce que l'on appelle grands grades, en écartant le mysticisme des uns, les entours fabuleux des autres, on les tournerait aisément à la spéculation physique, dont au fond ils semblent vouloir établir les principes ; un seul exemple le prouve : les faux schismes de Rose-croix, traités avec l'appareil pieux, vague, lugubre & brillant, dont on les surcharge en certaines loges, n'offrent à l'esprit de celui que l'on initie, que l'action sainte, des mystères révérés que l'on peut avoir décrits en des livres que ce grade copie, pour ainsi dire, & ce n'est plus à beaucoup près le véritable Rose-Croix tel qu'il fut dans sa très ancienne origine ; cependant à qui voudrait le décomposer, en suivant exactement les mêmes surfaces, sous des analogies philosophiques, y trouverait infailliblement le grain fixe, si ce terme est permis, des éléments de la science d'Hermès ; & la signature même des Maçons orgueilleux de ce grade, F. R. C. ne signifie autre chose que Frates roris cocti. Le grade du Phénix, que quelques uns apprécient beaucoup plus qu'il ne vaut, revient entièrement à cette partie, le Tetragrammaton, le Stibium, la Pentacule, sont des emblèmes précis : de faux docteurs y ajoutent de très fausses recettes, contenues en une manière de procédé prescrite pour la perfection du Stibium ; ces erreurs ne trompent pas le Sage, c'est à lui de les rectifier : il est toujours bien flatteur pour le Maçon de pouvoir aspirer à cette qualité, & se parer d'un titre qui fait honneur à l'esprit, annonce la pureté du coeur, & rassemble des ouvriers intelligents, dont le but est d'aider & d'éclairer l'humanité."
Le Baron de Tschoudy avait même écrit à l'article XVIII des statuts des Philosophes Inconnus : "... soit à mettre lui-même la main à la pratique, sans laquelle toute la spéculation est incertaine ..." ou encore à la fin de ces statuts dans le N.B. "... le but physique est peut-être l'objet essentiel de notre association première ...".
SUITE
Lire la
(Pailhoux de Cascastel, les Philadelphes, Chefdebien, Dagobert, Chaptal, les mines, ...)
* Cependant, l'Etoile Flamboyante du Baron Tschoudy (1720-1769), remplie de Philosophie Hermétique et d'Alchimie opérative, et qui semble avoir influencé le développement du REAA au cours du XVIIIème siècle, confirmerait, qu'à cette époque, une partie de la Franc-maçonnerie était bien opérative quant à l'Alchimie.
** On ne peut cacher cependant que quelques Francs-maçons notoires ont côtoyé Palairac à la fin du XVIIIème siècle lors de l'exploitation minière. Le texte de cette note rédigée en février 2009 constitue depuis novembre 2009 une seconde page sur l'origine maçonnique accessible ici.
*** Au sujet du Titulus ou symbole INRI, "Symbole Perdu" ou "Verbum Demissum", deux petites remarques peuvent être faites sur celui qu'on retrouve dans la station XII du chemin de croix de l'église et sur celui gravé dans le support en pierre de la croix placée au col de Ferréol, en limite de Maisons, et correspondant à Jésus de Nazareth Roi des Juifs.
Le INRI du chemin de croix ressemble presque à un INRA...
Quant à l'inscription du fût en pierre du col de Ferréol, elle donne le texte ci-dessous. Remarquez les abréviations des mots principaux utilisant un point sous les dernières lettres (sous le T de ST JEAN, sous le S de JS, sous le T et le H de NTH, sous le I de RI et sous le F et le S de JFS)... A noter la forme du 8 (en creux) et du 6 (non fermé) de 1862.

DONNE
PAR
MESTRE
JEAN
A S
T JEAN
SJS DE NTH
R
I DES JFS
1862

On peut penser que tout cela n'a rien de spécial, et c'est probablement le cas.
Cependant, pour la pierre gravée, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ! Sans rapport peut-être, rappelons toutefois que les ateliers maçonniques portent le nom de Loges de Saint Jean et que les frères se désignent entre eux par ... ou :.
Pour le chemin de croix, le A du INRI peut n'être qu'un raté de l'artiste qui a écrit, sans qu'il n'ait eu l'intention d'y suggérer un
compas par exemple.
Mais alors pourquoi, à la station I, a-t-il placé une sorte de
triangle (sandales?) sur le pied droit d'un des soldats qui tient Jésus pendant que Pilate lui demande s'il est le Roi des Juifs et le condamne ? (Ce pied est le seul pied romain du chemin de croix à ne pas être chaussé de botte. Il semble de plus qu'il y ait un point au milieu du "triangle")
Mais il est vrai que celui qui a écrit les titres au bas des stations confondait allègrement les accents graves et aigus, et celui qui a placé le chemin de croix au mur les I,V et X des nombres romains ...

**** Tout en intégrant la connaissance scientifique à sa démarche, l'auteur considère les alchimistes du XVIIème uniquement comme les scientifiques de l'époque et nie, bien sûr, la possibilité d'existence de la Pierre Philosophale.
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