Fresque murale
Fresque murale
Ignorée jusqu'à aujourd'hui, cette peinture est peut-être une vraie fresque (pigments saisis dans l'enduit frais).
Elle sert de tympan au retable en bois de Saint Roch. Elle est donc contemporaine de celui-ci, soit fin XVIIème ou début XVIIIème.

Elle représente un
temple aux colonnes de couleurs opposées, noire à gauche et blanche à droite.
Le fronton triangulaire fait apparaître
l'oeil dans un triangle avec un arrière plan de couleur jaune.



L'intérieur du temple, entre les deux colonnes, dévoile une composition très symbolique, très abîmée, sur un fond couleur rose :

-les deux
Tables de la loi, côte-à-côte, dont seulement celle de droite semble numérotée, en chiffre romain, et qui montre comme un petit triangle ombré vers le haut,

-derrière les tables, croisées en X une
croix qui se termine apparemment en pointe d'épée et une ancre marine à deux branches,

-derrière la branche gauche de l'ancre, peut-être une sorte de boite, ou un objet qui peut ressembler à un
coffre ("boite" de rangement des Tables = Arche d'Alliance),

-des
ombres ou projections rouges de la croix, la Table de droite et la pointe de l'épée, semblant être produites par

- une
boule rouge en haut à gauche, avec peut-être une seconde plus petite juste dessous à droite,

- un
serpent, enroulé sous les Tables et le "coffre", dont la possible tête vient se placer sous ce qui semble être ...

-un
calice, au milieu de la composition, masquant en partie la numérotation de la Table de droite.

Il est bien tentant de voir dans ce Saint Calice une représentation du

Graal...
Chapelle Saint Roch
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La fresque murale daterait en principe de la période fin XVIIème au début XVIIIème.
Elle a été élaborée très certainement à la mise en place du retable, et pas avant : la base de la peinture commence au-dessus du linteau supérieur du retable (qui ne possède pas de tympan en bois) et la peinture ne se prolonge pas derrière celui-ci.
Apparemment c'est elle qui semble servir de tympan au retable.
Pourquoi avoir choisi de faire une peinture murale, plutôt qu'une pièce en toile ou en bois peint ?
La tradition rapporte qu'au XIXème l'église a été totalement repeinte. La fresque est assurément plus ancienne que ce ravalement : une coulée de peinture et un vide sans cette peinture ocre se distinguent au-dessus du chapiteau de la colonne blanche (en
A).
Par rapport à la description première de la peinture, il apparaît de plus en plus que ce soit une peinture et non une fresque. Avec l'usure on aperçoit

comment celle-ci a été dessinée. Regardez par exemple la tige de l'ancre, on voit sa trace derrière la Table de droite (en B). Il en est de même pour d'autres éléments.
L'identification de la représentation n'a pas été simple même si quand on la décrit aujourd'hui cela semble évident. Toutefois des éléments non identifiés ou mal identifiés subsistent.
Outre qu'un plaisantin (!) a gribouillé au crayon à mine des traits non désirés (surtout sur le haut de la croix rouge en
C) à une époque indéterminée, la partie gauche du dessin pose problème. On voit bien que la branche gauche de la croix "blanche" n'existe pas. La "boite" qui se trouve dessous a un contour mal défini. Seuls certains traits extérieurs sont sûrs comme celui qui épouse le côté gauche du montant "vertical" de la croix (en D): en effet au-dessus de la branche horizontale ce trait n'existe pas, c'est la différence de couleur (gris sur fond "rose" comme en E) qui matérialise le côté gauche du montant, de même en bas au niveau de la "pointe d'épée". Le trait en D appartient donc à la boite. Le corps du serpent passant (en tournant dans le sens des aiguilles d'une montre) sous le corps de l'ancre disparaît ensuite (en F). C'est bien la "boite" qui le cache. Il est à noter que le même phénomène se passe à l'opposé : le corps du serpent est "caché" par l'ombre rouge de la table (en G). Ce qui indique que cette "ombre" rouge n'est pas "normale". Les seules ombres naturelles sont celles qui donnent un peu de relief, comme on le fait sur les documents informatiques, à la croix épée (en V) et à la tige de l'ancre. Il est à noter que le petit triangle a lui une ombre dans l'autre sens (si cette ombre n'est pas un défaut..).
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Origine maçonnique
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A
B
C
D
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G
V
I
I
J
K
L
M
N
O
P
P
Q
R
La "boite"
Si on observe ou on photographie la fresque sans éclairage direct on remarque deux points brillants qui ont, semble-t-il, été peints comme tel (en T et U). Toute cette partie est très abîmée et il est très difficile de retrouver ce que le concepteur originel avait voulu représenter. Il semblerait que ces points brillants soient des reflets de lumière produits par des faces métalliques correspondant à la section de deux tiges en métal de forme carrée. Ainsi, bizarrement, la branche horizontale gauche de la croix, paradoxalement absente, ne serait qu'un bout de ferraille recourbé servant de crochet... Une sorte d'anneau s'y place avec un système de tiges qui soutient une anse, fait d'une tige fine en demi-cercle, enfichée dans l'objet ainsi soutenu. Une autre tige (placée en U) semble sortir comme si elle faisait partie d'un système supportant l'objet correspondant à la 'boite' (qui aurait une forme à déterminer).
T
U
T
U
La numérotation des Tables
Seule la Table de droite paraît numérotée. On trouve néanmoins de traces de numérotation à gauche. Toutefois, à droite, le V du VIII, le IX, et surtout le X ne sont pratiquement pas visibles, le V du VIII étant caché par la partie coupe du Calice. Ce dernier, avec le temps, a fini par s'estomper dans sa partie droite et permet aujourd'hui de revoir ce V : autre exemple qui milite pour une peinture et non une fresque avec des pigments saisis directement dans l'enduit frais. A moins que le fond (tige de l'ancre, croix, ombre rouge, sphère rouge, 'boite") n'aie été fait sous forme de fresque et le reste (Tables, Calice, corps de l'ancre ...) ensuite par peinture à sec. Seul un expert pourra confirmer ou infirmer la technique.
Néanmoins, la Table de gauche possède, presque effacés, des bouts de traits matérialisant la numérotation manquante. A noter qu'à droite il semble que ces traits existent également mais plus sombre.
L'auteur a voulu insisté sur les VI, VII, VIII (VIII à moitié caché par le calice, certes, mais flanqué du triangle). Le IX s'estompe (pourtant situé sous le 'ballon', et donc en principe visible) et le X a pratiquement disparu.

Pour plus d'informations sur la 'boite' voir le texte ci-dessous. La partie inférieure gauche, la plus abîmée, possède des traits que 'le plaisantin' a certainement rajoutés (en I). Une 'tige' semble prolonger la tige de l'ancre ou plutôt monter vers elle (J), mais sans aucune certitude.
La colonne du temple blanche ne l'est pas totalement. Malgré sa partie inférieure endommagée, la partie du haut montre un aspect marbré blanc avec des nuances roses (en
K).
L'espace entre les deux colonnes, où se trouve la composition, est délimité par un carré, sorte de fenêtre, dont les bords, et les épaisseurs latérales, sont dissemblables (en
L,M,N,O). Les nervures, qui apparaissent dans le triangle du tympan, sont de couleurs différentes : rose (en P) ou "blanche" (en Q), à moins que cette dernière ne corresponde à une décoloration. Enfin il semblerait que, sous le triangle avec l'oeil du tympan supérieur du temple, soient disposés des nuées (en R) assez semblables à celles qu'on trouve sur la voûte de l'abside du choeur.
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La boite pourrait être une représentation de l'Arche d'Alliance ou encore une représentation d'un "objet" contenu dans l'Arche d'Alliance. La page sur Anne Catherine Emmerich donne des indications sur les liens qui unissent le Saint Calice, l'Arche d'Alliance, un mystérieux "dépôt sacré" et la fresque de Palairac.
Ajout de novembre 2009

En Mars 2009 des
travaux de conservation ont permis de constater que la boite était une grosse boule pendue au crochet de la croix ...
Analyse de la peinture