Eglise Saint Saturnin de Palairac
Eglise Saint Saturnin de Palairac
Le Général Dagobert, Roger-René Dagobert, Rennes-le-Château et documents retouchés
Le mythe du trésor du Temple de Salomon dans les mines des Corbières
Roger-René Dagobert (1929-2007) rédigea entre 1986 et 1990 un ouvrage intitulé "Le Général Dagobert, histoire d'une famille et d'une chanson", publié en 1998 par le Cercle Général Dagobert. C'était, pour ceux qui l'ont bien connu, un personnage attachant, mais assez sucseptible et irascible, qui n'a pas hésité à écrire aux plus hautes autorités de l'Etat et à porter plainte de manière excessive pour défendre "sa cause"...
Intrigué par son nom de famille, gravé sur l'Arc de Triomphe, et la chansonnette désobligeante associée, Roger-René s'est investi toute sa vie dans la recherche des origines de ce nom et de cette chanson du "Bon Roi Dagobert". Son mérite a été de redonner aujourd'hui au Général Dagobert la place qu'il lui revient. Inspiré par des légendes familiales très anciennes, cet architecte de métier tente de démontrer, par un long développement historique, "l'ascendance Mérovingienne", voire Biblique (famille de Benjamin !), de sa famille dont le dernier représentant de la branche aînée fut le Général Luc Siméon Auguste Dagobert de Fontenille.
Revendiquant une filiation seulement historique, il fut très surpris de constater qu'un autre réclamait aussi ce lointain passé mérovingien mais, par contre, d'une manière très intéressée et inspirée par la mystification : Pierre Plantard. Cela a conduit Roger-René a s'adonner à la rocambolesque "Affaire de Rennes-le-Château".
Si on peut le suivre volontiers dans l'histoire mouvementée et bien argumentée de sa famille et son interprétation plausible de la fameuse chanson, son développement concomitant avec le "trésor de Rennes-le-Château" est bien moins convainquant...


La maison de Roger-René Dagobert à Cascastel
"...D’azur, au chevron d’argent, accompagné en chef de deux loups passants d’or, et en pointe d’un lion d’argent..."
Dagobert de Fontenille l'était ... pas Roger-René
Essayons de résumer sa pensée sur ce sujet.
Luc Siméon Auguste Dagobert de Fontenille a été assassiné en raison du "double secret" de sa famille : être le dernier représentant de la lignée mérovingienne, faisant ombre aux Bourbons, et connaître l'existence, dans les Corbières, d'un important trésor ayant appartenu depuis toujours à sa lignée : le trésor du Temple de Salomon. Le mariage entre Dagobert et Jacquette Pailhoux de Cascastel n'était donc pas seulement un mariage d'amour. Jean-Pierre François Duhamel, cousin de Dagobert, déjà "entremetteur" et témoin des époux, s'est de plus arrangé pour que le futur Général soit le seul propriétaire de la forge de Padern et des concessions minières associées (Dagobert acheta d'abord les parts de Duhamel et ensuite celles de son beau-père, Joseph-Gaspard Pailhoux de Cascastel). Pourquoi ? Pour avoir les mains libres dans la recherche du trésor du Temple.
En 1781, se sentant mourante, la Marquise d'Hautpoul, Marie de Nègre d'Ables, sans successeur masculin, confia à son curé, Antoine Bigou, des papiers et un secret lié à sa famille, à laquelle était apparentée Jacquette Pailhoux (de manière lointaine) : des parchemins sur la descendance Mérovingienne et la présence dans la région du descendant Dagobert en quête d'un fabuleux trésor sous couvert d'exploitation des mines. L'abbé Bigou cacha certains documents dans son église de Rennes-le-Château et, après la révolution, fuyant en Espagne, il "cafta" là-bas ce qu'il avait appris. Les Bourbons d'Espagne voulurent dès lors s'approprier le "trésor" et, contrariés par Dagobert, décidèrent en dernier recours d'éliminer ce possible prétendant à la Couronne (ce n'était nullement le cas).
Le sieur Dubosc qui rouvrit les mines du Cardou, à Rennes-les-Bains, était à la solde du Général Dagobert avec la complicité de Duhamel, correspondant de l'Académie des Sciences et Commissaire du Roi pour les Mines et les Forges.
Le franc-maçon Dagobert confia son secret au Grand-Orient qui protégea sa personne quand ce fut nécessaire. Le Marquis de Chefdebien découvrit en partie ce secret par la présence de Pailhoux dans sa loge et par ses diverses participations aux convents maçonniques. Les Philadelphes, la loge créée par le "monarchiste" Marquis de Chefdebien, auraient été les promoteurs réels de l'assassinat du Général.
Fin XIXème, après avoir trouvé les documents cachés par Bigou, l'abbé Saunière négocia très cher avec des Royalistes les informations qu'il détenait, notamment sur l'existence d'un magnifique trésor, qu'il fit croire enfoui à Rennes-le-Château.
Pierre Plantard eu accès dans les années 1950 à certaines archives de Chefdebien que conservait chez lui le Docteur Paul Courrent (Roger-René n'affirme pas explicitement que c'est lui qui les a volées) : elles contenaient, en partie, des informations sur les descendances mérovingiennes, Dagobert et un fabuleux trésor. Plantard en tira sa fable personnelle et construisit tout son mythe autour de Rennes-le-château.
Telle est la version de Roger-René Dagobert.
Selon lui, les mines des Corbières, en particulier celles se trouvant entre Cascastel et Padern, contiendraient ou auraient contenu le mystérieux trésor du Temple de Salomon, probablement morcelé en divers endroits ... C'est là sa déduction à la lecture, notamment, de "Jules Verne, initié et initiateur" de Michel Lamy.
En réalité, en faible quantité dans des minerais polymétalliques (gisements primaires), le seul or présent et extrait de ces cavités fut celui produit par l'exploitation minière, probablement commencée il y a près de 2500 ans.
Roger-René enjolive le récit, influencé qu'il est par la saga mythologique de l'affaire de Rennes-le-Château. Comment peut-il en être autrement, puisqu'il s'est efforcé d'essayer de démontrer "l'ascendance mérovingienne" de la famille Dagobert ?
Il y a pourtant des faits rapportés par l'architecte qui sont avérés : l'exploitation minière de Pailhoux, Dagobert et Dubosc, l'empoisonnement possible du Général Dagobert, l'appartenance maçonnique probable de Dagobert et Pailhoux ...
A la première rédaction de cet article (début avril 2010), nous avions ajouté : le vol des archives de Chefdebien au domicile du docteur Courrent. Après vérification, début mai 2010, il semblerait que cette information soit totalement erronée elle aussi et constitue probablement un faux. Voici pourquoi.
Dans un courrier adressé à un correspondant se prénommant Alain et dont nous tairons le nom, Roger-René cite deux extraits de bulletins de la Commission Archéologique de Narbonne (Roger-René avait la manie d'envoyer des copies de ses courriers à diverses tierces personnes, notamment les mairies, à titre d'information) :
"Dans le bulletin de la Commission Archéologique de Narbonne, tome XVI, année 1943, on peut lire : Séance du lundi 16/12/1940, le Secrétaire donne lecture d'une note relative aux archives de Chefdebien, données à la commission par les héritiers de Marie-Louise de Chefdebien, dcd à Narbonne en Mai 1939. Notre éminent correspondant a pu examiner une partie de ces archives seigneuriales (dont celles des Pailhoux et des Dagobert). En signale l'extrême richesse et attire l'attention sur l'importance à confier à un archiviste spécialisé l'étude et le classement complet de ce fonds renfermant des manuscrits particulièrement rares et précieux.
Dans un autre n° de ce même bulletin, on peut lire : Séance du 3/02/1954, le Secrétaire signale que la famille de Chefdebien a fait réclamer les archives familiales de la succession de Marie-Louise dcd à Narbonne en Mai 1939. Embarras de la commission, puisque les précieux documents ont disparus peu après le décès du docteur Courrent auquel ils avaient été confiés."
Ces deux extraits sont pour le moins incomplets, arrangés et pour le second complètement trafiqué. Roger-René ne donne pas le bon tome du premier extrait et omet volontairement celui du deuxième. Voici les textes d'origine de ces procès verbaux de la Commission, auquel nous ajoutons un troisième indispensable :
Tome XXI, année 1943, séance du lundi 16 décembre 1940,
Séance du lundi 16 décembre 1940, le Secrétaire donne lecture d'une note adressée par M. Jean Régné relative aux archives de Chefdebien, données à la commission par les héritiers de Marie-Louise de Chefdebien, décédée à Narbonne en Mai 1939. Notre éminent correspondant a pu examiner une partie de ces archives seigneuriales, en signale l'extrême richesse et attire l'attention sur l'importance à confier à un archiviste spécialisé l'étude et le classement complet de ce fonds renfermant des manuscrits particulièrement rares et précieux. M. Pago ajoute que les événements des derniers mois ont entravé la poursuite de ce travail, auquel ont collaboré également M. l'abbé Sigal et M. Jean Rigaud. L'assemblée se félicite qu'un tel don vienne accroître la richesse de nos archives et espère que l'inventaire complet pourra en être dressé dans un avenir prochain, conformément au désir de M. Régné.
En attendant, des remerciements unanimes sont voté à la famille de Chefdebien, ainsi qu'à MM. Pago et Sigal, aux démarches actives desquels nous devons la possession de ces documents.
Tome XXIII, année 1954, séance du mercredi 3 février 1954,
Le Secrétaire signale que la famille de Chefdebien a fait réclamer les archives familiales provenant de la succession de Melle Marie-Louise de Chefdebien, décédée à Narbonne en mai 1939, et qui avaient été, en 1940, confiées à M. Pago, alors président de notre Compagnie. Mais, d'après le procès-verbal de notre séance du 16 décembre 1940, dont il est donné lecture, il semble bien que ces archives avaient été données à la Commission Archéologique, puisque des remercîements pour ce don ont été votés à cette époque aux héritiers de Chefdebien. Une partie de ces documents a été analysée par M. l'archiviste Jean Régné qui en a reconnu l'extrême importance pour l'histoire locale. Ces archives, toujours entre les mains de M. Pago, doivent se trouver encore dans l'appartement qu'occupait ce dernier et où sont entreposés ses meubles. L'assemblée décide de se mettre en rapport avec son ancien président, en vue de faire transporter ces précieux documents aux Archives municipales où ils seront plus à l'abri d'une revendication qui semble bien injustifiée. Le Bureau est chargé de faire le nécessaire à cet égard.
Tome XXIII, année 1954, séance du 2 juin 1954,
Le Secrétaire remet à la Commission de la part de M. Paul Pago, deux grands albums de documents archéologiques trouvés dans la Bibliothèque de son père, notre ancien président, ainsi qu'un grand livre de compte manuscrit du XVe siècle rédigé en latin et en roman ; ce dernier ouvrage est confié au Dr Cayla qui se charge de sa lecture et de son étude.
En outre, M. Pago a rendu à M. Caillard une liasse de documents provenant du don fait à la Commission par la famille de Chefdebien, et que notre ancien président avait conservé dans son bureau. Ces papiers ont été examinés par M. Sacaze qui donne à l'assemblée un bref aperçu de leur contenu. Ils concernent le vicomte de Chefdebien, d'Armissan, qui vivait à la fin du 18e siècle et avait été élu le 2 janvier 1789 président de la noblesse du District de Narbonne, en vue de la session des Etats Généraux ; il était également maire de Bizanet et affilié à une loge maçonnique, et avait eu à ces divers titres maintes difficultés avec ses compatriotes ou ses collègues. Mais il ne semble y avoir dans ce dossier que peu de renseignements sur l'histoire locale.
Au vu des documents originaux, il apparaît que :
-il n'y a pas dans le premier extrait de parenthèse : (dont celles des Pailhoux et des Dagobert). Nous verrons plus loin que d'autres, informés par Roger-René, commettront la même "erreur".
-M. Pago possédait ces archives et non le docteur Paul Courrent. Il n'y a pas de phrase "Embarras de la Commission, puisque les précieux documents ont disparus peu après le décès du docteur Courrent auquel ils avaient été confiés". D'autres reprendront aussi cette "source".
-M. Pago, fils, sur demande de la Commission, a restitué à celle-ci les archives détenues par son père.
-Ces documents ont été placés aux Archives Municipales de la ville de Narbonne.
Le vol d'une partie des archives de la famille de Chefdebien, en 1952, au domicile du docteur Paul Courrent, membre de la Commission Archéologique de Narbonne (CAN) et de la SESA (Société d'Etudes Scientifiques de l'Aude) serait donc un mythe et dire que ces archives contenaient des informations ou documents sur les familles Pailhoux et Dagobert serait très hypothétique, voire totalement faux.
Roger-René Dagobert semble avoir arrangé certaines sources pour qu'elles "collent" à ses délires sur "Rennes-le-Château".
Ceci ne préjuge en rien d'un vol possible de documents autres après le décès de l'érudit local. Selon Roger-René, les petits neveux du docteur lui auraient confirmé ce pillage de documents peu après le décès... Devons-nous le croire ? Ou est-ce encore une fable ?
Toutefois, il faut tout de même se rendre à l'évidence que le fonds Pailhoux déposé aux Archives Départementales de l'Aude, très riches en documents parfois très anciens, ne contient quasiment rien sur Joseph-Gaspard et son époque... (Quelques archives, associées à celles de Dagobert, se trouvent dans les Archives de la Manche)
En admettant que les Philadelphes aient été les vrais responsables de la mort de Dagobert, quelle fut la position de Joseph-Gaspard, tiraillé entre famille et loge, s'il était bien affilié aux Philadelphes ? Non, cette "hypothèse" semble bien peu vraisemblable. Elle salit indignement la mémoire de la famille de Chefdebien. Roger-René cite pourtant une thèse plus crédible pour le décès de son lointain aïeul : "Le général Dagobert n’avait pas répondu à la lettre de Saint-Hilaire : il l’avait froissée et mise dans sa poche sans même la lire quelques jours avant de lancer son attaque sur Montella puis sur Urgel afin d’en finir avec les traîtres français. Saint-Hilaire se sentit perdu. Il fit soudoyer un cuisinier catalan de l’armée de Cerdagne qui empoisonna la nourriture du général Dagobert, le jour de l’attaque sur Montella. Son forfait accompli, le misérable s’empressa de disparaître avant que le poison produise son effet ..."
Dire aussi que Dubosc était un homme de paille de Dagobert ne repose sur rien : Jean-Louis Dubosc, repreneur, en 1778, de la fonderie de Salvezine, concessionnaire des mines de Mireval et Salvezine, à court de minerai fin 1781 sur ses concessions, avait entrepris des recherches à d'autres endroits : Rennes-les-bains, ou encore Palairac un an plus tôt.
Le marquis de Fleury, propriétaire d'un des terrains à Rennes-les-Bains, voulut empêcher Dubosc de continuer, pour récuperer à son profit la future concession. Fleury invoqua même une pollution des eaux de Rennes-les-bains pour faire stopper les recherches. L'intendant du Languedoc, ayant autorisé la recherche initiale, confirma à Dubosc, le 3 mai 1782, la poursuite des fouilles pour déterminer la valeur du gîte et la pertinence d'une concession. Dubosc finit par reconnaître le peu d'intérêt du filon et ne demanda, en compensation, que le traitement au bocard du minerai qu'il avait extrait.
De même, peu avant, Pailhoux de Cascastel réclama la mine de Lacanal à Palairac où Dubosc avait entrepris des recherches importantes en 1780. Jean-Louis Dubosc, ne voulant pas de problème, abandonna de suite la mine au seigneur de Cascastel. En fait il n'avait pas trop le choix : le commissaire du Roi était associé à Pailhoux ou venait de vendre ses parts à Dagobert.
L'association Joseph-Gaspard Pailhoux de Cascastel-Jean-Pierre François Duhamel date du 26 mars 1779, le mariage du Général Dagobert du 8 Août 1780, l'achat par celui-ci de la moitié de la forge de Padern et concessions de fer à Duhamel le 31 octobre 1780 et l'achat de l'autre moitié à son beau-père le 10 décembre 1782.
Fin 1780, le Général Dagobert est donc l'associé de Joseph-Gaspard Pailhoux de Cascastel. Comment Dubosc pourrait-il être un "homme de paille" de Dagobert à Rennes-les-bains selon Roger-René, alors qu'il vient de se faire expulser peu avant de Palairac par ce dernier ou son beau-père ?
Si Duhamel est intervenu dans les deux affaires, c'est probablement contre Dubosc à Palairac et pour Dubosc à Rennes-les-Bains, peut-être en compensation.
Jean-Pierre François Duhamel quitta les affaires de Pailhoux pour devenir en 1781 Inspecteur Général des Mines et en 1783 professeur à l'Ecole des Mines de Paris. A partir de 1784, Luc Siméon Dagobert donna en fermage ses affaires minières au fils aîné de Joseph-Gaspard, Melchior. C'était son épouse, Jacquette, qui gérait ses biens depuis Saint-Lô où elle habitait.
En 1780, le futur général Dagobert fit construire à Villerouge-Termenès une maison où il logeait le gérant des mines de fer dont le plus grand nombre était sur cette commune et Palairac (plateau de Lacamp).
Son blason, abimé dans sa partie centrale
D’azur, au chevron d’argent, accompagné en chef de deux loups passants d’or, et en pointe d’un lion d’argent. Supports : deux griffons. Cime : un griffon de même issant d’un casque formé d’une couronne de marquis.
La maison du "Général Dagobert" à Villerouge
Il ressort de tout cela que Luc Siméon Dagobert, à 42 ans, en se mariant, découvrit probablement aussi qu'il pouvait investir dans une industrie naissante et s'assurer une activité rémunérante pour sa retraite. Il comptait peut-être destiner la forge à la fabrication d'armement. Si ce fut un peu le cas, notamment pendant la guerre d'Espagne, la plupart du temps la forge ne produisit que des outils, essentiellement pour l'agriculture. Etait-ce le gérant de celle-ci, Melchior, agriculteur avant tout, qui le voulut ainsi ? Finalement trop occupé par sa carrière militaire qui lui valut une mort prématurée, il n'eut jamais l'occasion de réaliser ses projets.
Le Général Dagobert ne s'est donc jamais occupé de la recherche d'un hypothétique trésor.
Le choix de Joseph-Gaspard Pailhoux de Cascastel de ne s'occuper que des mines d'antimoine, avec Chaptal, paraît bien plus énigmatique ... Humaniste, le Sieur de Cascastel laissa à sa mort une succession grevée par de nombreuses dettes suite aux libéralités qu'il accorda à diverses personnes insolvables.
Les arguments pris au mythe de Rennes-le-Château : Bigou, les parchemins, la Marquise, empruntés aux écrits Castelrennais de Plantard, de Séde, Lamy, etc. sont des plus déconcertants, comme l'hypothétique Trésor du Temple ou le vol des archives de Chefdebien...
La fable des parchemins et de la confession de la Marquise de Nègre d'Ables sert de base à Roger-René pour développer ses hypothèses, alors que toutes ces indications ne sont que des inventions de Pierre Plantard sur des personnages existants.
Personne n'a jamais vu ces fameux parchemins qu'un acolyte de Plantard a avoué être faux. Bien sûr, ils s'en trouvent qui nient ce fait par certaines incohérences et qui pensent que ce sont des faux basés sur des "vrais" bien antérieurs à la mystification*. Il en serait de même pour d'autres "apocryphes" (le Serpent Rouge par ex.).
L'affaire, qui ne repose déjà au départ que sur bien peu de faits avérés, serait-elle devenue elle-même, au fil du temps, génératrice de sa propre histoire ?
Il y aurait la fameuse "stèle de la Marquise" dont un relevé lors d'une excursion est reproduit dans un Bulletin de la SESA de 1906. Ce serait Saunière, ou un autre, qui aurait transmis son "code" aux excursionnistes... Cette pierre a disparu et ne permet pas d'apprécier la valeur du relevé (relevé exact ou reconstitution). Certains ont judicieusement proposé que les erreurs de l'épitaphe pouvaient résulter de l'usure sur une écriture de facture grossière, avec peut-être une ou deux erreurs, ou encore que les minuscules ont été rajoutées par le rapporteur pour combler des manquants effacés par le temps.
Mais non ! La stèle n'a jamais existé ! prétendent d'autres. Les excursionnistes, réputés scientifiques, se sont-ils fait bernés par un abbé qui leur a donné le relevé d'une pierre sortie de son parapluie ? Décidément cet abbé, un Plantard avant la lettre et les excursionnistes de bien piètres scientifiques...
Comment prendre tout cela au sérieux, faute de documents probants ? Les verrons-nous un jour ?
C'était la force de ce Pierre Plantard d'utiliser certains faits ou certaines personnes dans la construction de son mythe en tissant une toile où il deviendrait impossible de démêler le vrai du faux.
Se servir d'un écrivain pour faire passer son message : obligatoire ! Comment un prétendant au trône, descendant des mérovingiens, pouvait-il lui-même se déclarer comme tel ? D'où l'intervention des "apocryphes", de de Sède, des trois Anglais, etc. La bête est malheureusement devenue incontrôlable et a produit quantité de rejetons bien pires qu'elle !
Autre caractéristique du "mystère" : pourquoi voit-on le "secret de Rennes-le-château" partout ?
Les écrits de Jules Verne, de Maurice Blanc, etc. y feraient référence... Ne dites surtout pas que le monde est à l'envers et que le fabulateur a puisé dans ces textes pour sa légende ! On vous "prouvera" que vous vous trompez !
Il est aujourd'hui pratiquement impossible de nettoyer la demeure, la moisissure a tout infesté et l'état d'origine semble à jamais perdu : le long serpent rouge déroule ses anneaux sans fin, contaminant tout sur son passage**.
Pourtant l'abbé Saunière a peut-être trouvé une crypte, ou deux, qui a servi de caveau aux seigneurs du lieu. Le contraire serait même surprenant. Il y a certainement au départ une vraie (petite) énigme, utilisée par Pierre Plantard pour en faire son monstre devenu tentaculaire. Quant à la "fortune" du prêtre un peu "mégalo", outre une oule pleine de pièces anciennes et un magot (bijoux ?) trouvé dans une crypte, qu'il a peut-être de son temps fait passer pour un énorme trésor (ou une partie), des livres en ont montré l'origine, chiffres à l'appui (beaucoup de dons et un "trafic de messes", sollicités par l'abbé). Evidemment, beaucoup contestent cette vue sans trésor fabuleux ou mystère ne justifiant, pour eux, qu'une partie des dépenses réelles de l'abbé...

Tous nos villages possèdent des histoires de trésors, Palairac n'échappe pas à la règle : une oule pleine de pièces d'or est enterrée chemin de Quintillan et une statue en or massif se trouve sous le chemin du Presbytère ...
Le soir, à la veillée, les anciens racontaient ça aux petits qui s'endormaient les yeux émerveillés...
Pour revenir à Roger-René Dagobert, dont le livre, si on écarte Rennes-le-
Château, est intéressant, qu'aurait été sa réaction s'il avait connu la fresque de Palairac, au coeur de sa région favorite, qui représente le Temple de Salomon avec des objets sortis de l'Arche d'Alliance ?
Il serait très simple de construire une légende correspondant à un "terrible secret" à partir des données historiques exposées dans ce site, ou d'autres, sans avoir recours au "tombeau du Christ" ou à une hypothétique "géométrie sacrée" et l'utilisation de cartes au 1/25000 à une époque où elles n'existaient pas...
Heureusement ou signe des temps, beaucoup d'auteurs, aujourd'hui, utilisent le genre roman pour exposer leurs idées sur ces sujets historico-ésotérico-
érotico-politico-romanesques. Mais où le bât blesse, c'est quand on affirme que tout est basé sur des vérités et que cela pourrait bien être la réalité...

En 2000, deux anglais, Guy Patton et Robin Mackness, ont repris, entre autres, les thèses de Roger-René Dagobert au sein d'un ouvrage, non traduit en français, "Web of gold, the secret power of a sacred treasure" chez Sidgwick & Jackson.
Ce n'est pas un roman.
Robin Mackness avait déjà écrit une dizaine d'années auparavant un livre, intitulé "Oradour, massacre and aftermath". L'ouvrage prétend que le Massacre d'Oradou-sur-Glane, le 10 juin 1944, avait pour origine le vol, par un ou plusieurs "résistants", d'environ 600 kg de lingots d'or acheminés par un convoi allemand depuis le Sud de la France jusqu'à l'Allemagne.
Dans "Web of gold", la provenance de cet or, selon les auteurs, pourrait être la région des Corbières ou Montségur dans l'Ariège. Roger-René Dagobert avait déjà évoqué ce dramatique événement et la même hypothèse sur son origine.
Ces allégations sont sous l'entière responsabilité de ces trois auteurs...
Guy Patton et Robin Mackness pensent, à l'instar de Roger-René, que les Corbières récèlent depuis 1500 ans le mystérieux Trésor du Temple de Salomon.
Comme beaucoup d'ouvrages consacrés à "Rennes-le-Château", les auteurs développent leurs arguments historiques sur la prise de Jérusalem par Titus en 70 et le pillage de Rome par les Wisigoths près de quatre siècles plus tard. Bien sûr, le trésor a été "gonflé" par d'autres apports au cours de l'Histoire : le trésor de Blanche de Castille, celui des Templiers, "celui" des Cathares, etc. Visiblement les auteurs n'étaient pas au courant de "l'or de Toulouse" dérobé par Caepio et qui pour beaucoup a été enfoui aussi dans la région... (il est vrai que c'était un siècle avant Jésus-Christ)
Toujours les mêmes poncifs vides de toute preuve...
"Web of gold" tente de démontrer le rôle joué par de nombreuses (une "toile") sociétés secrètes et personnes informées à des degrés divers, dans la recherche ou la connaissance de ce fabuleux trésor. Une place de choix est réservée à la période post-Saunière et plus particulièrement depuis l'avènement du Nazisme jusqu'à nos jours. Des événements historiques sont revisités à la lumière de cette "histoire" parallèle cachée, où finances, corruptions, racismes, intérêts personnels, etc forment l'essentiel des "valeurs"...
Les auteurs se démarquent toutefois un peu sur certains détails dans les éléments repris à Roger-René Dagobert.
Par exemple, les parchemins, acquis par Bérenger Saunière lors la restauration de son église, auraient été confiés par ce dernier à son médecin, Paul Courrent, pendant qu'il l'assistait à son chevet, suite à son malaise du 17 janvier 1917 l'amenant à la mort cinq jours plus tard.
Mais l'essentiel est conforme aux propos de Roger-René. Les auteurs tiennent pour importants ces documents trouvés par Saunière et ceux que reçut encore le docteur Courrent, de la Commission Archéologique de Narbonne, début des années 1940. Nous avons vu précédemment ce qu'il fallait penser de ces fameuses archives détenues par le Docteur Courrent et volées à son décès.
Ils rattachent, aussi, ces documents à la personne du Général Dagobert, et supposent leur acquisition par le Marquis de Chefdebien après la mort du Général en 1794. Ce serait, selon eux, le "Prieuré de Sion" qui les auraient dérobé au domicile du docteur juste après son décès.
Tout cela est farfelu et repose trop souvent sur des bases "arrangées".
En ne prenant que deux exemples, la possession des archives de Chefdebien par le docteur Courrent, leur référence au Général Dagobert, et le vol de ces dernières, il apparaît que les auteurs n'ont jamais vérifié la valeur des "sources" de Roger-René.
En effet, les deux citations des procès-verbaux de la CAN, parmi les rares citations données dans l'ouvrage, traduites en anglais, ne respectent pas le texte d'origine. Ils n'ont pas consulté les documents originaux et se sont contentés de traduire les "citations" fournies par Roger-René.
Page 203 de Web of Gold :
At a meeting on Monday 16/12/1940, the Secretary read a note relating to archives of Chefdebien, given to Commission by heirs of Marie-Louise de Chefdebien, who died in Narbonne in 1939. Our eminent correspondent has been able to examine a part of these noble archives (including those of Pailhoux and Dagobert). The extreme value draws attention to importance of confiding them to a specialist archivist for study and complete classification of this collection which contains particularly rare and precious manuscripts.
Il n'y a pas dans le texte original de référence à "dont celles des Pailhoux et des Dagobert", ou, en anglais, "including those of Pailhoux and Dagobert".
Evidemment, sans cette phrase, il est bien difficile de rattacher le contenu des archives de Chefdebien à celles du Général Dagobert et son hypothétique recherche du trésor du Temple de Salomon sous couvert d'exploitation minière...
De même les auteurs rapportent, texto, sans l'avoir vérifiée, la deuxième citation de Roger-René (Embarras de la Commission ...) pour justifier le vol des archives de Chefdebien au domicile du docteur Courrent, alors que cette citation est visiblement un faux...
Page 204 de Web of Gold :
At a meeting of 3/02/1954, the Secretary indicated that the Chefdebien family sought to reclaim the family archives bequeathed by Marie-Louise, who died at Narbonne in May 1939. The Commission was embarrassed since the precious archives had disappeared shortly after the death of Dr Courrent to whom they been confided.
Tout ce qui est développé à partir de ce contenu et du vol "erronés" des archives de Chefdebien, dont il est dit que quantité de personnes ont convoité ou eu la possession, n'est donc pas fondé...
A la page 144 de "Web of gold", les auteurs citent la présence, vers 1943, d'ingénieurs allemands SS aux "activités clandestines"
(réouverture de mines) dans les Corbières. Roger-René, à l'origine de cette information, s'est basé sur les témoignages de résidents locaux interrogés à ce sujet par ses soins.
C'est possible, mais peut-être pas pour les raisons invoquées (recherche du trésor).
Cela peut correspondre en effet aux recherches entreprises par les allemands pour dénicher les résistants et les entrepôts d'armes dans les anciennes mines.
Plusieurs maquis, composé de jeunes, existaient notamment sur le plateau de Lacamp (Palairac, Villerouge, Talairan), suite à la création par le régime de Vichy, en 1943, du "Service du Travail Obligatoire" au profit des Allemands.
Gauthier Langlois rapporte à la page 291 de la série "Vilatges al païs - canton de Tuchan" un largage de 13 containers d'armes au Prat de Labat (Palairac) la nuit du 11 au 12 avril 1944. Les 13 containers furent immédiatement cachés dans une mine de Serremijane.
"Mais un quatorzième parachute et son container, dont "Sanglier" ignorait l'existence était tombé en torche dans les bois. Retrouvé le lendemain par un braconnier, celui-ci raconte sa découverte à tout le monde, et notamment aux gendarmes de Mouthoumet. Ces derniers, peu pressés, n'arrivent qu'à trois heures de l'après-midi sur les lieux pour ne rien découvrir. Entre-temps, "Omega", prévenu, avait fait le nécessaire.
Mais le rapport de gendarmerie, transmis à la Préfecture, alerta la Gestapo qui vint enquêter sur place, puis la police de Vichy et enfin la Milice, heureusement sans résultat."
Des vestiges de ces dépôts d'armes existent encore dans certaines mines. Mais la mise en sécurité de ces mines, réalisée par l'Etat en 2001, a malheureusement rendu l'accès à ces témoignages impossible.
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Pour terminer voici un autre exemple de source « arrangée » par un autre ouvrage qui traite de Rennes-le-Château et qui pourrait faire croire que les mines du Cardou ou de Blanchefort sur Rennes-les-Bains étaient d'importance sur foi d'un témoignage du passé. Combien de "chercheurs" ont vainement essayé de trouver cette étonnante mine ?
Cet exemple provient des pages 96 et 97 du livre de Gérard de Sède « Rennes-le-Château, le dossier, les impostures, les phantasmes, les hypothèses »***, paru en 1988 chez Robert Laffont dans la collection « les énigmes de l'univers ».
Dans ces deux pages, en citant comme source « Du flux et reflux de la mer et des longitudes, avec des observations sur les mines de France » par César d'Arçons, Paris, 1667, pp. 339-341, Gérard de Sède rapporte la description d'une mine qu'il situe à Blanchefort :
« En 1668, l'ingénieur César d'Arçons nous parle d'une mine d'argent qu'il visita lui-même et la décrit avec précision : 'Un ouvrage des anciens Romains est au pied de la montagne, tout creusé dans le roc, de six pieds de haut et autant de large. J'y suis entré jusqu'à 350 pas de profondeur à plain-pied. Les personnes qui me conduisirent et qui y avaient été vingt ans auparavant reconnurent aux grands décombrements qu'on y voit rangés à droite et à gauche et qui y bouchent d'autres ouvertures, qu'on y avait depuis beaucoup travaillé. Elles me firent remarquer dans ce fond une autre ouverture qui descend du sommet de la montagne, et qui a par conséquent plus de 200 toises de profondeur. Il est évident que c'est par là qu'on a ouvert cette mine et que la basse ouverture où j'étais entré est l'arbistol que l'on fit pour faire sortir les eaux qu'on y rencontre et qui en sortent toujours depuis comme une grosse source. Le reste de matière qui s'y trouve en quelques endroits montre que c'était une mine d'argent.'
César d'Arçons appelle cette mine « le filon d'Albezun ». Au point de vue toponymique, cela nous laisse le choix entre le Bézu et Blanchefort, tous deux désignés dans les vieux textes par le vocable gallo-romain Albedunum qui signifie « forteresse blanche ». Mais la description détaillée qu'il donne des lieux, ainsi que, nous allons le voir, les relations d'auteurs postérieurs, indique que c'est bien de la montagne de Blanchefort qu'il s'agit. »
Tout cela est totalement faux ! La mine décrite ne se situe nullement dans les environs de Rennes-les-Bains ! Le texte d'origine est détourné une fois de plus.
Déjà pourquoi de Sède donne-t-il 1668 comme date de rapport de César d'Arçons alors qu'il cite en référence un ouvrage publié en 1667 ? Mais passons...
La description de César d'Arçons donnée est celle de la mine de La Canal à Palairac, dite encore mine de Couize (nom du lieu), sise au tènement appelé "Peyrecouverte", prise au chapitre VII de son mémoire de 1667, destiné à Colbert, « Advis de César d'Arçons, Sur les Mines Métalliques dont il a eu la direction pour le Service du Roi : & quelques Remarques de Physique qu'il en a faites. » et repris en totalité dans l'ouvrage de M. Gobet « Les Anciens Minéralogistes du Royaume de France », 1779 :
« VII.
De la Mine de Couvise ou de Peyre couverte.
Il se trouve quantité d'autres mines, tant de cuivre que de plomb & même d'antimoine dans le même pays des Corbières ; & particulièrement à Auriac, à Cascastel, & à Paleyrac, où les grands travaux qu'on y a fait autrefois dans un long valon nommé le champ des mines, paraissent encore en plusieurs endroits par la profondeur des ouvertures taillées dans le roc, par les décombrements, par les marcasssites & par la matière même qui s'y trouve parmy. »
César d'Arçons fait ensuite une longue description de « roignons » (bloc en forme de lentille) qu'il a extraits de la montagne et qui correspondent très probablement au site actuel de la Bousole dont le minerai d'antimoine se présentait ainsi. Il continue par :
« Les susdites ouvertures qui ont été faites en plusieurs endroits de la montagne au pied de laquelle étaient ces roignons : un petit filon qui en sort de même matière qu'eux & un gros filon d'Albezon**** jaunâtre qui en sort aussi & qui communiquaient tous deux avec le troisième roignon, montraient clairement lorsqu'on fit quitter ce travail, que le corps de la mine n'est pas loin de là dans cette montagne, & qu'elle s'y trouvera plus riche et plus abondante.
Ce qui résulte encore plus particulièrement de celle des ouvertures susmentionnées qui est la plus proche, appelée le canal par les gens du pays, & tenue de tous comme un Ouvrage des anciens romains. Cent mille francs n'en feraient pas faire à présent un pareil. Il est au pied de la montagne, tout creusé dans le roc, ayant six pieds de haut & autant de large. J'y suis entré jusqu'à 350 pas de profondeur à plain-pied. Les personnes qui me conduisaient & qui y avaient été vingt ans auparavant reconnurent aux grands décombrements qu'on y voit rangés à droite & à gauche & qui bouchent d'autres ouvertures, qu'on y avait depuis beaucoup travaillé. Elles me firent remarquer dans ce fond une autre ouverture qui descend du sommet de la montagne

où elle apparaît en effet quoique bouchée & qui a par conséquent plus de 200 toises de profondeur. Il est évident que c'est par là qu'on avait ouvert cette mine, & que la basse ouverture où j'étais entré, est l'arbistol que l'on fit pour faire sortir les eaux qu'on y rencontra & qui en sortent toujours depuis comme une grosse source, à laquelle l'on avait aussi creusé dans le roc au fond de l'arbistol durant environ 50 pas, un canal large d'un pied & tout couvert de pierres plates afin qu'elle n'empêchât pas le travail. La grandeur de cet ouvrage & le reste de matière qui s'y trouve en quelques endroits, montre que c'était une mine d'argent. S'il y avait encore quelque chose à faire, l'on en pourrait tirer tout le décombrement avec un petit bateau qui en porterait plus d'une charretée à chaque fois, & qu'un homme seul conduirait juqu'a 50 pas hors de l'entrée. Car la source qui en sort sans jamais tarir, est si abondante, qu'étant arrêtée au dehors, elle donne dans une heure deux pieds en hauteur jusqu'à 250 pas au dedans »
CQFD et sans commentaire.
Le lecteur pourra apprécier cette longue description très fine de la mine de La Canal, deviner une raison des rainures creusées à l'extérieur de la galerie et comprendre l'intérêt un siècle plus tard de Dubosc ou Pailhoux pour cette mine dont le coeur n'est plus connu depuis le Moyen-âge. (Cliquer ici pour en savoir plus sur les mines de Palairac)
** Toutefois depuis plusieurs années, une vision globale de "l'affaire" à la fois historique et intuitive, faisant intervenir essentiellement des prêtres, due à Franck Daffos, ne manque pas d'attraits, même si certaines pièces du "puzzle" sont placées "en force". Elle tend également à considérer le "bien fondé" des documents "détournés et trafiqués" par Plantard et de Chérisey (manuscrits et "pierres gravées")... Un bon nettoyage des écuries d'Augias en somme.
Mais est-ce bien là l'unique vérité sur cette affaire, reposant en définitive encore une fois sur le fabuleux trésor du Temple, sa principale relique et de multiples codages pour la garde du secret ? Ou bien n'est-ce encore qu'une belle histoire (bien ficelée mais pas infaillible) sur un mystère qui n'a jamais existé ?
*** Ce livre de Gérard de Sède est néanmoins intéressant, notamment par son développement sur les impostures créées par Pierre Plantard et son soi-disant "Prieuré de Sion". Voulant dénoncer les manipulateurs, pourquoi de Sède s'est-il aussi lourdement trompé dans ce passage sur les mines, au point de paraître identique à ceux qu'il dénonce ? Un début de réponse (12/2011): confusion entre Couize et Couiza.
Il est à noter que César d'Arçons développe au chapitre suivant (le VIII) des propos sur les échanges thermiques entre l'air et l'eau, pas trop inexacts, après avoir constaté, toujours dans la galerie de Lacanal, que l'eau en sortait plus que tiède alors qu'elle jaillit froide au fond de la galerie. Phénomène "étrange" qui ne se produit plus aujourd'hui ...
* Cependant, depuis 2005 avec la découverte du Codex Bezae comme source des fameux parchemins, certaines analyses, celles de Thierry Garnier notamment, peuvent éventuellement donner crédit à ces hypothèses.
**** Probablement veine de gangue quartzique ou barytique.